Sandrine Mehrez-Kukurudz présente son nouveau roman

IMAGE DOS COVERSandrine Mehrez-Kukurudz est l’auteure de « L’atelier au fond de la cour », son second roman, après « La valise noire à nœuds roses » publié en février 2018. Ce roman est une histoire de destins croisés à travers le temps: celui de Max, jeune tailleur juif, qui fuit l’Allemagne en 1933 pour la France et celui de Clara, jeune styliste d’Aix-en-Provence en 2017. Une photographie jaunie, trouvée dans la maison familiale, et un découvreur de talents, rencontré au hasard d’un voyage, réuniront les destins de Max et de Clara, à plusieurs décennies de distance.

Française vivant à New York, l’auteure a commencé sa carrière professionnelle par le journalisme radio et la communication avant de donner vie à ces 2 romans qui sont le fruit de sa passion pour l’écriture. Elle a gentiment répondu à quelques questions au sujet de son parcours et de ses projets.

 

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Vous êtes venue à l’écriture en parallèle d’une carrière dans la communication. Selon vous quel est le bénéfice d’avoir ce double parcours ?

D’emblée, j’allais vous répondre que je n’étais pas sûre de trouver un quelconque pont entre les deux. Mais tout bien réfléchis, je m’aperçois que mes 20 ans dans la com et le marketing me servent chaque jour.

D’abord au niveau des ventes, puisque j’utilise mon expérience marketing pour diffuser et vendre mes livres. Le premier a atteint 1,400 exemplaires et le second commence une jolie petite vie auprès des lecteurs. J’ai constitué mes réseaux, mes outils -comme mon site, mes emailing ou mes visuels- et je considère à ce stade là, mes livres comme des produits. Je dis à ce stade là, car l’écriture est avant tout plaisir et bonheur pour moi. Je n’écris certainement pas pour gagner ma vie, mais pour partager. Être lue est la plus belle des reconnaissance pour un auteur.

L’autre atout de mes années d’expérience professionnelle est mon réseau. Il est vrai que j’ai été fort suivie dès la sortie de mon premier roman, par les gens qui gravitent autour de moi. C’était formidable de découvrir cet élan de soutien à ce projet nouveau. C’est aussi ce réseau qui m’a permis d’avoir des interviews, d’être invitée à des séances de dédicace, des conférences…

D’où est venue l’inspiration pour vos livres ?

J’écris au fur-et-à-mesure de mon inspiration. Devant la page blanche. Celle qui se présente chaque jour à moi. Et j’ai la chance de ne pas connaître à ce jour la panne d’inspiration que redoutent tant d’écrivains. Je démarre souvent d’une anecdote et le reste suit.

Pour “La valise noire à noeuds roses”, j’avais calé les personnages principaux lors des premières pages sans vraiment savoir ce que j’allais en faire. Et puis tout à coup m’est revenue une anecdote. C’est elle qui a donné finalement le ton au livre et a installé le récit. En 2011, je voyage en famille de Miami à New York. Lassée de ne trouver ma valise grise parmi les centaines de valises grises sur le tapis des bagages, je décide d’en acheter une reconnaissable parmi toutes. Je choisis donc une énorme valise noire avec des noeuds roses surdimensionnés. Celle-là, c’est la mienne, me suis-je dit toute fière. À new York, les valises défilent et voici que surgit la sublime valise criarde. Je l’attrape, m’étonne qu’elle soit si légère et m’aperçois qu’elle n’a plus son cadenas. En colère je l’ouvre…Et je découvre un bateau en bois, des vêtements de bébé…Bref ce n’était pas ma valise ! Deux dingues avaient acheté la même valise et pris le même vol Miami-New York.

Pour “L’atelier au fond de la cour“, mon mari m’a demandé un matin pourquoi je ne travaillerai pas sur la mode, puisque nous préparions un gros événement sur ce marché. J’ai réfléchi. Je n’étais pas vraiment inspirée. Fan de mode depuis des décennies, et même si j’ai travaillé pour des marques de mode, je n’ai jamais baigné dedans. Et puis un matin j’ai trouvé l’inspiration. J’allais partir de l’histoire de mon grand-père, tailleur avant guerre et d’une jeune styliste dans le monde difficile de la mode aujourd’hui. Je rendrai ainsi hommage à ce fabuleux grand-père, parti bien trop tôt et j’écrirai un roman comme j’aime en écrire, en mêlant les destins et les époques. J’y ai mis ma petite touche personnelle aussi en plaçant la créatrice dans une ville que j’aime pour l’avoir découverte il y a 3 ans, Aix-en-Provence.

Je suis actuellement sur le 3ème roman, qui se situera dans le sud de la France, dans ce petit bijou qu’est le port de Cassis. Le livre est parti d’une discussion, une nuit d’insomnie sur Twitter, entre 3 amoureux fous de ce village qui se sont dit semi-amusés : Et si on ouvrait un café librairie sur le port de Cassis. D’ailleurs, je serai à Cassis en septembre, histoire de prendre un bon bol d’air de ce port – et de ses locaux-  qui m’inspirent tant.

Vous vivez à NY, avez vous un lieu culturel de prédilection ? 

Oui j’ai un lieu qui n’est pas très original certes mais si enrichissant : le Metropolitan Museum. Quand j’ai quelques heures j’aime m’y perdre. Découvrir de nouveaux tableaux de la collection permanente. Me faufiler dans les expos spéciales. Prendre un thé sous la verrière avec un livre. Et quand j’ai une heure de plus et que le temps le permet, je termine dans Central Park. C’est une démarche que j’aime faire seule. A mon rythme. Et j’en sors toujours avec la même envie d’y revenir vite. Pour apprécier ma visite j’y vais à l’ouverture le matin et j’en pars avant 11 heures. Quand les hordes de touristes ne sont pas encore là et que les salles s’offrent à moi dans ce silence que méritent les œuvres.

Ensuite cette ville est souvent chronophage et vous empêche de faire ce que vous aimeriez y faire. Je trouve que mes amis parisiens profitent plus des richesses culturelles de la ville que moi ici.

Quels conseils pourriez vous donner à d’autres auteurs ?

D’y aller dès qu’ils se sentent prêts. J’écris depuis ma tendre enfance. Je n’avais jamais passé le cap de finir un roman. Jusqu’à ce jour où je me suis levée à 5 heures du matin, muée par l’évidence qu’il était temps de s’y mettre sérieusement. J’ai écrit ce premier roman en 3 semaines, chaque matin de 5 à 10 heures, avant d’aller au bureau. Puis je l’ai  laissé reposer avant de me décider à le corriger et le lancer.

Plus que des conseils aux auteurs, je voudrais donner un conseil aux lecteurs : Allez au bout de vos envies, même si la quête semble longue ou infranchissable. Faire ce qu’on aime n’a pas de prix. Que ce soit un loisir ou un métier, il faut se passionner pour ce qui nous motive et transformer cette passion en actes. Ma vie a changé. Chaque message reçu, chaque photo souvenir, chaque post laissé sur les réseaux sociaux me comblent de joie. Ce partage est formidable. C’est ce qui me pousse à me lever de bonne humeur chaque jour, même quand le quotidien n’est pas évident.

Je conseille par contre aux auteurs de ne pas sortir leur livre sans qu’il ait été relu par quelques personnes de confiance. Bien sûr pour les fautes mais surtout pour parfaire ce qu’on pense être le manuscrit final. Il vous faut un ou deux “serial” lecteurs, à qui vous demandez d’être intransigeants. C’est comme cela que mon second roman a pu évoluer dans son style et son écriture.

Qu’espérez vous que vos lecteurs retirent de vos livres?

Du plaisir, du plaisir et du plaisir ! Au delà, il paraît qu’il y a dans mes livres un message subliminal de bienveillance. Si c’est vrai, alors j’aurais tout gagné !

sandrinemehrezkukurudz.com

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